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SVK Tour

Nĭ hăo - Bienvenue sur la planète Chine !

20 Mars 2014, 11:44am

Publié par Sandie & Slava

Vers la Chine, le 25 et 26 février

 

Ce matin nous quittons le paisible village de Nong Kiaw. Nous devons nous rapprocher de la frontière chinoise en nous rendant à Udomxai. De là, on pourra prendre un bus qui relie les deux pays. Mais tout d’abord, il faut rejoindre Pakmong, petit village « carrefour » qui se trouve sur la route principale.

 

Nous avons beaucoup entendu parler du stop au Laos. Il parait que cela fonctionne plutôt bien. C’est donc en tendant le pouce que nous aimerions commencer le trajet.

 

Nous marchons environ 20 minutes jusqu’à la sortie du village. La route n’est pas très passante et nous avons du mal à arrêter les quelques véhicules qui s’aventurent par là.

En faisant du stop

En faisant du stop

Au bout de 30 minutes, nous sommes toujours au même point. Au loin, nous voyons un minibus arriver. Ne voulant pas perdre trop de temps à sortir d’ici, nous l’arrêtons. Celui-ci nous annonce 30 000 Kips par personne, pour faire quelques 35 kilomètres. Trop cher, lui dit-on. Nous pouvons payer 20 000 Kips pour deux. Il refuse et se remet au volant. Au bout de 15 secondes, il ressort plus raisonnable : « 40 000 pour deux » nous dit-il. A notre tour de refuser. Nous lui proposons 25 000 pour deux. Il hésite, nous lui tapons sur l’épaule et lui faisons un grand sourire. Il accepte :).

 

Tentative de stop ratée mais nous quittons enfin cette route bien calme pour pas très cher. Dans le minibus, nous apprendrons que les 3 autres passagers ont payé 25 000 chacun !

 

Nous arrivons à Pakmong un peu avant 11h. Ne voulant pas rester sur un échec, nous retentons le stop en direction d’Udomxai. Nous sommes sur une route principale, ça devrait fonctionner.

 

Après 1h30 d’attente, nous devons nous rendre à l’évidence. Le stop ne fonctionnera pas aujourd’hui pour nous …

 

Un minivan s’engage sur la route, nous l’arrêtons. Il nous annonce 50 000 Kips par personne. C’est 20 000 de plus que le bus public. Nous hésitons car le véhicule est plus petit et ne va pas s’arrêter toutes les 10 minutes pour faire monter ou descendre un passager.

 

Nous lui proposons 50 000 pour nous deux. Il refuse. Qu’en est-il de 60 000 ? Il hésite et finit par accepter. Le japonais, assis à l’avant, nous dit que c’est un super prix que nous avons eu. Il nous dit avoir payé 400 000 Kips pour aller à Udomxai depuis Nong Kiaw !!!

 

Là, s’engage un des trajets les plus pourris de l’histoire de notre tour du monde ! La route est horrible. Un mélange de bitume, piste, trous et poussière, le tout à environ 30km/h ! Cela nous rappelle les trajets terribles et interminables en Bolivie. Heureusement que les paysages sont plutôt sympas.

Sur la route, lors d’une pause
Sur la route, lors d’une pause

Sur la route, lors d’une pause

Au bout de 3 longues heures, nous y voilà. Il est 15h30 et nous devons trouver un hôtel. Beaucoup sont pleins et les autres bien trop chers pour la prestation. Environ 80 000 kips sans salle de bain et 100 000 avec. En insistant un peu, on trouve une chambre avec salle de bain pour 50 000 kips.

 

La ville, est moche et ne présente aucun intérêt. Il y a un trafic fou et une épaisse couche de poussière / pollution la recouvre.

 

Nous dinons au centre-ville, nous nous offrons un dernier pancake au lait concentré sucré et rentrons à l’hôtel.

 

La nuit a été horrible ! Le voisin n’a pas arrêté de faire du bruit toute la nuit. La circulation des véhicules a été bien intense, les chiens étaient déchaînés et pour couronner le tout, nous avions omis d’acheter de l’eau et nous nous sommes retrouvés complètement déshydratés, morts de soif...

 

Ce matin, c’est avec joie que nous quittons notre chambre. Fini le stop, pas de prise de risque. Nous achetons un billet de bus (70 000 Kips  par personne) pour Mengla, première grande ville du côté chinois. Il n’y a qu’un seul bus par jour, à 8h00. Le conducteur est chinois alors c’est l’occasion d’exercer notre apprentissage des chiffres. Plutôt sympa, on arrive à communiquer avec lui avec les mains et à comprendre qu’après Mengla, il continue vers la ville de Jinghong, ce qui pourrait nous intéresser. Dans le bus, que des chinois et nous avons droit aux fameux raclements de gorges si caractéristiques :). Mais ils ont l’air plutôt propre car quand ils ne peuvent pas cracher par la fenêtre, ils le font dans un sac plastique.

 

Nous arrivons vers 10h au poste de frontière laotien. Simple formalité. On nous met un tampon dans le passeport et puis c’est tout. Côté chinois, c’est autre chose. Tout d’abord, les bagages sont fouillés par un fonctionnaire qui n’a, sans doute, jamais souri de sa vie. Ensuite, c’est le contrôle des passeports. Pour moi, pas de problèmes, ça se passe rapidement. Par contre Sandie, elle, se fait poser plein de questions. Pourquoi vient-elle en Chine, connait-elle quelqu’un sur le territoire … Finalement, aucun problème non plus. Nous voilà en Chine !

 

En tout, la procédure de passage des deux frontières nous aura pris 1h. Nous repartons à 12h, heure chinoise (+1h par rapport au Laos).

 

Nous arrivons à Mengla vers 13h15 par des routes excellentes. Le développement économique du pays est d’ores et déjà bien visible.

 

Le voyage est supposé s’arrêter là pour nous. Le minibus quant à lui continue sa route vers Jinghong or c’est justement là que nous souhaitons nous rendre. Depuis Udomxai, au Laos, nous ne pouvions pas acheter de billets pour Jinghong, va savoir pourquoi… Par contre depuis Luang Namtha, toujours au Laos, aucun problème !

 

Bref, c’est depuis cette autre grande ville, que nous avons prévu de nous rendre aux pieds des fameuses terrasses de rizières qui se trouvent à Yuanyang. Mais le voyage n’est pas de tout repos et demande plusieurs connexions. En tout, il faut compter entre 2 et 3 jours de voyage !

 

Mais avant tout, il faut négocier avec le conducteur pour qu’il veuille bien nous emmener à Jinghong. Pour poursuivre la route, il demande 100 yuans pour nous deux, soit environ 130 000 kips. Il n’y a pas de distributeurs dans le coin, du coup impossible de retirer. Il nous reste seulement 100 000 kips. Le conducteur comprend que nous n’avons rien d’autre à lui proposer et accepte de nous emmener pour 100 000 kips.

 

Sur la route, lors d’une pause, je découvre les fameuses toilettes publiques chinoises ! Nous avions étés prévenus mais là, je dois avouer que cela dépasse tout ce que j’ai pu imaginer ! Attention, estomacs fragiles, accrochez-vous !

 

On remballe la pudeur et la sphère privée de la chose. Pour la grosse commission, tout se fait à la vue de tout le monde, en mode communautaire !

 

En gros, dans le bâtiment, les toilettes à la Turc sont séparées par des murets. Mais la beauté du concept c’est que les enclos, ne possèdent pas de portes ! Du coup en entrant, le spectacle est total :). Bien évidemment il n’y a pas de chasse d’eau et tous les rejets sont stockés à l’arrière, dans une méga fosse recouverte de 3cm de mouches. Du coup, on comprend mieux les odeurs à 50m de là. J’avais été prévenu :).

 

Sandie était restée dans la voiture et n’a pas pu observer le tableau, certainement identique chez les filles. N’ayant personne avec qui partager ma détresse, j’y suis retourné et j’ai pris quelques photos car c’est vraiment unique en son genre …

Les premières toilettes publiques chinoises
Les premières toilettes publiques chinoises

Les premières toilettes publiques chinoises

Nous arrivons à Jinghong vers 16h. Etant à la gare, nous en profitons pour nous renseigner sur la façon d’aller à Jianshui, une des étapes avant d’atteindre les rizières.

 

Tout est en chinois, on ne comprend rien, c’est ultra déstabilisant. Heureusement que des chinois essayent de nous aider. On se rappelle les parties de Pictionary et Time’s Up. Tout se passe sous forme de dessins et de mimes. On essaye de trouver les signes chinois des villes dans notre routard afin de les retrouver sur les panneaux d’affichage. C’est un changement radical dans notre voyage.

 

Nous apprenons, tant bien que mal, qu’il n’y a pas de bus de nuit pour Jianshui. Le seul et unique départ de la journée a lieu à 9h. Le prix est de 178 yuans et le voyage dure 10h !

 

Nous sommes un peu perdus et déboussolés. Nous pensions gagner du temps en faisant un trajet de nuit or là, on perd une journée dans les transports :(. Cela remet fortement en cause le planning que nous avions imaginé.

 

On traine un peu, on réfléchit et avant de prendre une décision, on va manger un morceau car nous n’avons quasiment rien avalé depuis le petit déjeuner. Pour faire simple, nous nous dirigeons vers un stand de rue. Nous avalons des délicieuses nouilles sautées et des petits pains blancs cuits à la vapeur que l’on pensait fourrés mais qui ne le sont pas. Le tout pour seulement 1€ !

Notre premier repas dans la rue en Chine

Notre premier repas dans la rue en Chine

On retourne le problème dans tous les sens et on décide finalement de ne pas rester à Jinghong.  Nous avons entendu dire qu’il était également possible de rejoindre les terrasses à partir de Kunming, capitale de la province du Yunan. Ca fait faire un détour mais ça semble plus rapide et plus simple.

 

Depuis Jinghong, plusieurs bus de nuit font la liaison en 12 heures pour 252 yuans. Départ à 19h30, 20h30, 21h30 et 22h.

 

En retournant à la gare, nous arrivons juste à temps pour acheter les dernières places disponibles pour le dernier bus de la journée.

 

En attendant le départ, nous nous baladons le long de la rivière où nous avons le droit à des « Hello » et des sourires de la part des locaux. Pour le moment, les chinois semblent plutôt sympas et prêts à nous aider. D’après les retours que l’on a eu sur les chinois, c’était censé être tout le contraire, alors on se dit que cela ne va pas durer…

Le long de la rivière
Le long de la rivière
Le long de la rivière
Le long de la rivière

Le long de la rivière

C’est à l’heure que nous quittons la ville dans un bus couchette pas trop mal. Ce qui est amusant, c’est que vers minuit passé, notre bus vient se parquer aux côtés de dizaines d’autres bus. Là, nous avons tous passé 2 bonnes heures sans bouger. C’était une sorte de sieste générale, nous avons très bien dormi :).

Dans le bus de nuit

Dans le bus de nuit

Voilà une très belle entrée en la matière. En venant ici, nous souhaitions du nouveau et du dépaysement. Nous voilà servis ! Quelque chose nous dit que ce n’est que le commencement. :)

Commenter cet article

Maman 24/03/2014 23:32

Trop hilarant le descriptif détaillé de Slava de son expérience des toilettes publiques chinoises .... :-)
MDR comme disent les jeunes .... ;-)

Sandie & Slava 25/03/2014 15:48

Bah au début ce n'était pas MDR du tout :)
Mais avec le recule c'est carrément MDR ! ;)
Souvenir exceptionnel !