SVK Tour

Huayna Potosi, 6088 m !

11 Août 2013, 00:45am

Publié par Sandie & Slava

Huayna Potosi le 28, 29 et 30 juin

 

Nous avons visité que très peu d’agences avant de nous décider. Nous avons finalement choisi l’agence qui porte le même nom que la chaîne de montagnes. Elle a été fondée par un docteur urgentiste, maintenant instructeur, toujours dans le domaine médical mais, centré sur la montagne. C’est un personnage très spécial qui évolue parfois dans son propre monde … Il nous a expliqué les effets de l’altitude et comment les déceler. Ensemble,  nous avons vérifié notre acclimatation en parcourant tous les lieux visités avant d’arriver à La Paz. Nous sommes prêts !

 

Nous payons 950Bs chacun pour les trois jours. C’est un peu plus cher que dans les autres agences mais celle-ci a un avantage déterminant sur les autres. Déjà, elle possède un refuge très confortable au 1er camp de base avec une vue imprenable sur le sommet. Mais surtout, elle dispose d’un second refuge qui se trouve plus haut que tous les autres (à une heure de marche). C’est un point capital le jour de l’ascension puisqu’on a 1h de moins de montée, ce qui signifie 1h de plus de repos. C’est loin d’être négligeable !

 

Après nous être bien équipés (pantalon, veste, guêtres, grosses chaussures plastiques pour la neige / glace, crampons, piolet, harnais, casque et gants), nous partons en voiture pour le 1er camp de base. Nous avons un grand groupe, 11 personnes ! Deux d’entre nous font le circuit en 2 jours (c’est-à-dire l’ascension dans la foulée sans passer de nuit au 1er camp de base). Nous serons donc 9 à faire l’ascension en 3 jours.

 

Arrivés au refuge, on découvre la vue magnifique sur toute la chaîne de montagnes. Le chalet est vraiment bien fait et chacun dispose de son lit. Le groupe est très sympa et nous partageons tous les repas dans une bonne ambiance.

A côté du premier camp de base
A côté du premier camp de base
A côté du premier camp de base
A côté du premier camp de base
A côté du premier camp de base

A côté du premier camp de base

Chalet du premier camp de base

Chalet du premier camp de base

La principale différence avec ceux qui tentent la grimpette en 2 jours et nous, c’est que de notre côté, une demi-journée « d’entrainement » est programmée. De plus, cela nous permet d’être encore mieux acclimatés à l’altitude (le camp est à environ 4700m). La pratique se résume en réalité à une prise en main du matériel. Dans la mesure où, ni Sandie ni moi n’avons fait de randonnées sur de la glace, c’est parfait.

 

Nous partons donc, à environ une heure de marche du camp, en direction d’un glacier avec tout le matériel sur le dos ! Ça pèse lourd, surtout les chaussures. Sur le chemin, les paysages sont déjà très beaux. Au fur et à mesure que nous avançons, la glace se fait de plus en plus présente pour, à la fin, se transformer en véritable glacier.

Sur le chemin
Sur le chemin
Sur le chemin
Sur le chemin
Sur le chemin
Sur le chemin

Sur le chemin

Premiers paysages
Premiers paysages

Premiers paysages

Arrivés sur place, nous nous équipons et commençons la pratique. Marche sur la glace, montée, descente, utilisation du piolet … Tout se passe à merveille et dans une bonne humeur.

Ça pratique :)
Ça pratique :)
Ça pratique :)
Ça pratique :)
Ça pratique :)
Ça pratique :)

Ça pratique :)

Après une très bonne nuit, assez confortable, nous partons en direction du 2nd camp de base. Au programme, une heure de marche « classique » puis environ 3 heures sur de la neige / glace. Les choses sérieuses commencent ! Sur le chemin les paysages sont encore plus beaux que la veille. Sans atteindre la partie glacée, 2 personnes du groupe décident de ne pas continuer et redescendent (l’un d’eux est diabétique et sa pompe à insuline ne fonctionne pas bien avec l’altitude …). Nous serons donc 7 à tenter la dernière partie.

Sur le chemin, vers le second camp de base
Sur le chemin, vers le second camp de base
Sur le chemin, vers le second camp de base
Sur le chemin, vers le second camp de base

Sur le chemin, vers le second camp de base

Arrivés en haut (un peu plus de 5200m d’altitude), et après 3 heures d’efforts, nous pouvons enfin nous détendre. Ça n’a pas été de tout repos. Des pentes à 50, 60 degrés, combinées à l’altitude, ça pique ! Mais nous sommes largement récompensés par les paysages et le panorama à l’arrivée.

Au deuxième camp
Au deuxième camp
Au deuxième camp
Au deuxième camp
Au deuxième camp

Au deuxième camp

Notre groupe

Notre groupe

Le soleil se cache derrière les montagnes et nous allons nous abriter dans le refuge. C’est très sommaire mais largement suffisant pour passer les quelques heures qui nous séparent de l’assaut final. Il est environ 16h30 et nos guides préparent déjà le dîner. En effet, il faut manger assez  tôt puis se reposer au maximum. Avant de se coucher, nous nous mettons d’accord sur l’heure de départ. Ce sera 2h30 du matin ! Pour parcourir les 800 mètres restants, il faut environ 1 heure de plus que pour la montée de la veille soit environ 4 heures pour nous. Il ne faut pas arriver trop tôt (avant le lever du soleil) car on ne verrait rien mais il ne faut pas arriver trop tard non plus car une fois le soleil levé, la glace commence à fondre et le chemin peut devenir dangereux…

 

Avant de manger, je commence à ressentir un mal de tête, certainement lié à l’altitude … Rémi, un autre Français du groupe, me donne un comprimé contre le mal des montagnes. Sandie va bien, rien à signaler.

 

Le repas est prêt. Nous avalons le plat de pâtes saucisses et nous nous couchons. Ça fait un peu bizarre de commencer sa nuit à 17h30. Bien évidemment, 30 minutes après s’être installé, j’ai envie de faire pipi :). Sans faire trop de bruit, donc sans trop s’habiller, je sors pour faire ce que j’ai à faire. Là, devant moi un paysage d’une tranquillité absolue, il n’y a pas un bruit tout est blanc et paisible. Vraiment unique ! Je me recouche toujours avec ce mal de crâne. Tant bien que mal, tout le monde s’endort.

 

Quelques heures plus tard, rebelote. Encore envie de faire pipi :). En sortant du refuge, un tout autre paysage. Il fait nuit noire et devant moi, sur les montagnes de l’autre côté un festival d’éclairs quasiment en continu, vraiment impressionnant.

 

En me recouchant, je prends un Doliprane car le mal de tête n’est toujours pas passé. Quelques minutes plus tard, le médicament fait effet et je m’endors.

 

Drrrrring drrrrring, le réveil sonne, il est 1h30 du matin il faut commencer à se préparer. Globalement, la nuit s’est bien passée pour nous deux. Nous n’avons pas eu froid et nous nous sommes assez bien reposés. C’est même excités de partir que nous nous levons. J’ai de nouveau mal à la tête. J’avale à nouveau un comprimé de Rémi et un Doliprane. Nous mangeons un peu en buvant un maté de coca (les feuilles de coca ont plein de vertus dont une qui aide à supporter le mal des montagnes). Avec tout ça, ça va le faire !

 

Le guide en chef nous annonce notre compagnon de cordée et le guide avec lequel nous allons partir. Je suis avec Sandie, ça tombe bien :). Il y a un guide pour 2 personnes. Nous sommes 7 il y aura donc 4 cordées.

 

On s’habille puis on s’équipe. Nous sommes maintenant encordés, à 3 mètres les uns aux autres. Le guide est en première position ensuite c’est Sandie et je ferme la marche. On allume la lampe frontale et c’est parti ! Notre cordée est la dernière à quitter le refuge. Plusieurs autres groupes sont déjà en piste.

 

Il fait nuit noire et le vent s’est levé. Pour le moment, nous n’avons pas froid. Notre guide impose la cadence. Sandie est obligée de suivre le pas, moi, j’ai un peu plus de marge. Nous partons sur un rythme assez élevé. On ne les voit pas mais les pentes semblent bien raides. On suit, pas de problème. Mon mal de crâne a subitement disparu …

 

On remonte une première cordée puis une seconde ! On avance assez vite et parfois le souffle manque, mais on tient et on se concentre sur chacun de nos pas. La première pause arrive environ 30 minutes après le départ, elle fait du bien. Notre guide nous conseille de boire et manger quelque chose mais rien ne passe, nous n’avons envie de rien. Les deux autres groupes arrivent à notre hauteur et c’est déjà l’heure pour nous de repartir toujours sur un rythme bien soutenu. On ne peut pas s’arrêter trop longtemps car il fait froid et il ne faut surtout pas se refroidir.

 

Bien qu’il fasse nuit, nous distinguons les formes des montagnes qui nous entourent et avons une vue imprenable sur La Paz endormie mais toute illuminée, vraiment magique.

 

Les pentes s’enchainent et on passe notre premier mur. Comprendre une pente de glace d’environ 85 degrés. Utilisation du piolet obligatoire ! Devant nous un groupe semble avoir des difficultés. Leur guide, au lieu de les encourager et de les aider, les engueule littéralement … et leur dit que s’ils n’y arrivent pas, ils rentrent au camp de base sur le champ ! Avant de partir, nous nous sommes renseignés sur ce trek via des blogs et les guides étaient, à chaque fois, très critiqués pour des faits similaires. Sans attendre, notre guide nous oblige à les doubler. Le mur n’est pas très large mais ça passe.

 

De nouveau une pause et ce coup-ci on sort l’eau de notre sac. Elle est en partie gelée mais on arrive quand même à en boire un peu. On croque un peu de chocolat et c’est reparti.

 

Ça va faire près de 3h00 que nous sommes partis et c’est de plus en plus dur d’avancer. Les pas se font de plus en plus difficilement et le souffle manque encore plus qu’au début. Notre guide décèle ces petites faiblesses et sans trop de surprise nous propose de redescendre immédiatement … ce à quoi on lui dit que tout va bien et qu’on ne va pas faire demi tour ! Il répètera la même chose plusieurs fois :(. Mais franchement ce n’était pas justifié. Depuis le début on avance vraiment bien et être un peu fatigués est assez légitime, non ? Enfin bref, on ne fera pas marche arrière ! Un peu plus tard, on apprendra que la plupart des guides font l’ascension entre 3 et 4 fois par semaine !!! Du coup, retourner au camp de base dès que possible est une aubaine pour eux. On pense que c’est pour cela qu’ils insistent autant outre les questions de sécurité…

 

Une nouvelle pause. Là, notre guide nous dit qu’il faut vraiment bien se reposer car on va attaquer la partie « difficile » … comme si depuis le début c’était une promenade de santé :). Une fois bien reposés, c’est reparti. On comprend très vite de quoi il était question quand le guide disait « partie difficile ». On attaque la dernière ligne droite qui n’est autre que la crête de la montagne. Il s’agit en fait d’un chemin de 25-30 centimètres de large ! Il n’y a pas la place pour poser les deux pieds côte à côte. Sur la gauche c’est le vide, environ 200 mètres, sur la droite un petit mur de glace (entre 50 et 90 centimètres) et derrière un précipice de 1000 ou 1500 mètres ! Malgré ce chemin impressionnant, nous avançons grâce au piolet. Sandie est épuisée et engage ses dernières forces. Moi je suis plus à l’aise, je m’amuse. Plus c’est extrême et plus ça me plait.

 

Plus que quelques mètres et nous voilà au sommet ! Ça y est, on l’a fait ! Au début, difficile d’apprécier car nous sommes épuisés et désorientés. On se demande même si c’est bien l’arrivée … D’autres groupes sont là, assis. On se dit donc que c’est bien l’arrivée :). Nous reprenons nos esprits et pouvons enfin nous réjouir d’avoir atteint l’objectif. De plus, le soleil est en train de se lever juste en face de nous, quel spectacle ! Derrière nous le majestueux lac Titicaca. Le bonheur !

Au sommet, enfin !
Au sommet, enfin !

Au sommet, enfin !

Nous restons au sommet environ 30 minutes et il est déjà temps de redescendre. Le soleil est bien levé et commence à réchauffer la glace. En plein jour, le mur de glace, monté quelques minutes plus tôt, est encore plus impressionnant.

La crête de la dernière partie
La crête de la dernière partie

La crête de la dernière partie

Sur le chemin du retour, nous découvrons une à une les pentes qui nous ont fait tant de mal, il y a quelques heures. Nous avons parfois du mal à croire que nous les avons montées … Nous découvrons également tous les paysages qui étaient dans le noir quelques heures plus tôt.

Quelques pentes, ça grimpe !
Quelques pentes, ça grimpe !

Quelques pentes, ça grimpe !

Paysages sur le chemin du retour
Paysages sur le chemin du retour
Paysages sur le chemin du retour
Paysages sur le chemin du retour

Paysages sur le chemin du retour

La fatigue se fait de plus en plus sentir. La descente est très violente. Les jambes et les genoux souffrent énormément mais il faut avancer. Au bout d’environ deux heures, nous atteignons péniblement le 2nd camp de base sous une chaleur accablante. Nous sommes épuisés. Mais le repos n’est que de courte durée. Juste le temps de rassembler nos affaires et c’est reparti pour plus d’une heure de souffrance.

 

Nous quittons la partie glacée et continuons sur de la terre avec tout le matériel sur le dos. On se fait violence et nous arrivons vidés au 1er camp de base.

Presque au bout !

Presque au bout !

Après le déjeuner, nous rassemblons toutes nos affaires et embarquons, telles des crevettes ;), dans le minibus en direction de La Paz.

 

Quelle expérience ! Nous avons l’impression d’avoir accompli quelque chose de vraiment exceptionnel. Un combat physique mais également mental surtout contre soi-même. Une chose est sûre, c’est l’activité la plus violente et la plus épuisante que nous avons jamais fait. Mais ça valait largement le coup.

Seul point noir de cette expérience, les guides, que nous avons fini par appeler « accompagnateurs » car ils sont tout sauf guides ! Nous avons ressenti un réel manque de service. Mais malgré cela, c’était extraordinaire ! Un grand merci à Rémi pour les photos au sommet. Nous n’avions pas emmené notre appareil… Par contre nous avions la GoPro alors ne manquez pas le montage vidéo de cette formidable aventure !

Le montage vidéo de ces quelques jours inoubliables

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M
Bravos les Champions, vous avez réussi ! (mais que de mal) heureusement la victoire était au bout du chemin encore bravos mes enfants . Vous êtes Formidable.<br /> Je vous embrasse très fort tous les deux.<br /> Mamie
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S
Merci beaucoup mamie. :)<br /> Nous aussi on t'embrasse très fort.
M
Vraiment impressionnant . Un grand bravo aux crevettes ... Ca fait rêver .....Magnifiques photos et super video ... Merci pour ce tres bel article
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S
Merci :)<br /> Bisous
P
Houu yeah !!! ca avait l'air top !! ca donne envie ... quand je vois les paysages, je me dis qu'il y a un énorme potentiel photo là ...hummm :)<br /> Des bisous !!
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S
Mais carrément on pourrait y passer une vie à faire des photos puis au final on ne saurait pas la quelle est la meilleure ! :)<br /> Bisous <br /> PS : mais il faut le porter le matos jusqu'en haut ;)
R
PS: le médicament contre le mal des montagnes s'appelle Diamox. :)
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S
Merci pour ce PS car je ne me souvenais plus du nom :)
R
Coucou les tourdumondistes!!!<br /> Votre article est simplement génial. Je m'y revois complétement (...la fatigue en moins). Vos photos sont superbes et j'ai même eu droit à quelques dédicaces :)<br /> J'essaye de vous suivre autant que je peux. Continuez à vous amuser et à faire rêver tout le monde.<br /> Bises à vous deux,<br /> Rémi
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S
En écrivant je ressentais la fatigue du jour J :)<br /> Merci beaucoup !<br /> À bientôt<br /> Biz
P
Oh my god la bonne rando. Mais bon rien a cote des 25 bosses ;). Vive prodigy \o/
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S
On confirme, rien a voir ;)<br /> Bisous !