Lijiang, la magnifique !
Lijiang, le 3 et 4 mars,
Ce matin, nous quittons Dali sous un très beau lever de soleil. Nous n’avons pas réservé nos billets, nous devons donc arriver suffisamment tôt pour avoir le temps d’acheter les places avant le départ du train.
Heureusement nous n’attendons pas très longtemps le bus.
Nous n’avons pas de petites coupures pour acheter deux tickets… Le chauffeur est tellement pressé qu’il ne nous laisse pas le temps de faire du change dans la rue.
Du coup le trajet est offert, cela fait bien rire un papi assis derrière nous. Ce même papi, nous fait signe de mettre nos sacs sur le côté afin qu’on soit mieux installés. Le bon papi ! :)
Nous arrivons à la gare vers 8h30. Nous achetons rapidement nos billets aux bornes automatiques sans aucun problème (34 yuans en « hard seat ») et nous embarquons. Le train part pile-poil à l’heure, à 9h25 ! Cette ponctualité nous sidère. La SNCF a vraiment des leçons à prendre des chinois.
Cette fois, nous ne sommes pas dans un compartiment couchette et nous avons de « vraies » places assises :). Le train est bien rempli mais il n’y a pas non plus de gens debouts.
Le trajet se passe bien. Nos voisins sont plutôt calmes. Nous en profitons pour trier nos photos et ne voyons pas le temps passer. Nous arrivons à destination comme prévu, à 12h30.
Nous achetons tout de suite, nos billets-retour en train de nuit pour Kunming afin de ne pas se retrouver coincés. Nous prenons les deux couchettes du milieu pour 147 yuans isssss (comprendre « each » mais dit à la façon Thaï :)). Cela nous laisse 3 nuits et 4 jours pour découvrir la ville et ses environs.
Pour rejoindre la vieille ville de Lijiang, nous montons dans le bus numéro 18. Une jeune fille nous confirme qu’il va bien à la vielle ville et qu’elle peut nous indiquer où descendre. Elle ne parle pas anglais mais avec le traducteur de son téléphone et les quelques signes chinois écrits dans notre guide, nous arrivons à nous comprendre.
En descendant du bus, elle nous conseille de prendre un autre bus pour aller au cœur de la vieille ville. N’ayant pas réservé d’hôtel, nous préférons la parcourir à pieds pour ne rien louper. En souriant, elle nous dit que le bus, c’est mieux que de marcher. Cela nous fait bien rire. :) Nous la remercions beaucoup pour son aide et la laissons repartir tandis que nous nous mettons à la recherche d’un hébergement.
Les premiers hôtels visités sont hors de prix. On nous propose des chambres à 250 yuans, voir même 400 yuans ! Par rapport aux 60 yuans payés à Dali, cela fait une grosse différence. On hésite à sortir de la vieille ville pour aller voir si ce n’est pas moins cher à l’extérieur mais finalement on tombe sur une charmante auberge de jeunesse, « Mix Base Camp », qui propose de très belles chambres pour 100 yuans.
Il est déjà 14h30 ! Le temps passe vraiment vite. Nous partons à la découverte de la ville, tout en cherchant un endroit où déjeuner. Le lieu est incroyable, rues pavées, petits ruisseaux qui courent le long des habitations, maisons à l’ancienne. C’est encore plus joli que Dali. Il y a des ruelles dans tous les sens et on s’y perd facilement.
Nous finissons par tomber sur un « food court » qui regorge de plats divers et variés. Tout à l’air tellement bon que l’on ne sait quoi choisir. Nous faisons au moins deux fois le tour avant de nous décider. Les plats sont entre 15 et 25 yuans, ce qui reste correct pour un lieu touristique.
Nous continuons ensuite notre balade à travers cette ville surprenante. Bien qu’elle soit très touristique (surtout des chinois, pas beaucoup d’étrangers), l’ambiance est vraiment plaisante.
En arrivant sur la place principale, nous découvrons les locaux en train de jouer aux cartes et danser. Nous sommes surpris de l’agilité de certaines personnes âgées. Les chinois adorent vraiment danser ! :) Pendant que je les regarde, une dame assise à côté de moi, me propose d’aller rejoindre le groupe. Je lui propose alors de venir avec moi mais elle refuse en rigolant. Ses copines se marrent aussi. :) Elle finit par me demander si on peut prendre une photo toutes les deux. Ca y est, je me suis fait une nouvelle copine.
Avant de rentrer, nous essayons d’aller acheter des fruits au marché. Ça semble bien compliqué car les prix annoncés sont plus élevés qu’à Dali. En effet, nous n’arrivons pas à savoir si le prix indiqué est celui au kilo ou au demi-kilo comme on a pu voir ailleurs.
Un homme semble vendre ses bananes à 4 yuans le kilo, c’est moins cher qu’a côté donc on lui demande de nous en mettre 3 ou 4. Finalement, il nous fait payer 8 yuans le kilo ! On refuse et il s’énerve… Bah oui mais on lui demande le prix au kilo et il nous donne le prix au demi-kilo ! On finit par acheter nos bananes à coté tandis qu’il nous traite de tous les noms…
On pensait s’en sortir en apprenant les chiffres de 1 à 10 et en baragouinant en chinois « combien ça coûte ? » mais apparemment ce n’est pas suffisant. Il faut qu’on apprenne à dire « prix au kilo » et « prix au demi-kilo » ! Mais quelle idée de vendre au demi-kilo … !
Pour diner, nous testons les délicieuses galettes préparées dans la rue pour 5 yuans. Nous ne savons pas encore dire « salée et sucrée » du coup, nous en prenons une de chaque type et nous verrons bien ce que cela donne. La première goûtée est sucrée et la deuxième est aux herbes donc salée. :)
Le lendemain, nous décidons d’aller visiter le village de Baisha qui se trouve à 30min de Lijiang. Le problème c’est que nous ne savons pas comment faire pour y aller…
Nous tentons de demander au service d’information. Heureusement, une fille parle quelques mots d’anglais. On comprend qu’il faut prendre le bus numéro 8, puis le bus numéro 6. Pour cela, il faut sortir de la vieille ville et marcher 10min vers le Nord.
En chemin, nous croisons un cochon qui se fait dorer la pilule et d’énormes chantiers de construction. A cheval entre développement économique ultra-rapide et des mœurs et coutumes encore à l’ancienne, ce pays n’a pas fini de nous surprendre.
A l’arrêt de bus, nous essayons de comprendre où descendre sur la ligne 8 pour prendre le bus numéro 6 qui nous mènera à Baisha. Deux étrangers voyant nous démener avec les locaux pour comprendre quelque chose, viennent nous demander où nous voulons aller. Ils finissent par nous conseiller de prendre avec eux le bus numéro 9. Ils nous indiquerons où descendre pour prendre ensuite le 6. Ce sont deux américains venus s’installer ici pour travailler, l’un dans le tourisme, l’autre dans l’éducation.
Grâce à eux, nous trouvons le bus numéro 6 sans problème. Nous arrivons au village une demi-heure plus tard.
C’est ici qu’il est possible de voir de très belles fresques vieilles de plus de 500 ans. L’entrée du palais coûte 30 yuans sauf qu’apparemment il faut payer en plus 80 yuans pour le maintien de la vieille ville de Lijiang ! Nous avions entendu parler de ces 80 yuans mais nous pensions que ce n’était que pour les sites de la vieille ville. Du coup, nous n’avons pas pris assez d’argent avec nous. Tant pis pour les fresques.
Nous allons nous balader dans le village et tombons sur une école de broderie sur soie. Une charmante jeune fille nous accueille et nous fait la visite en Anglais. L’école n’est pas très grande mais le travail effectué est admirable. Les élèves commencent d’abord par s’entrainer sur un petit format qui leur demande quand même deux mois pour le finir. Ensuite, ils peuvent passer à de plus grands modèles et essayer avec des fils plus fins. Les professionnels arrivent même à diviser le fil en 256 pour tisser le plus finement possible. C’est incroyable ! Slava aura le coup de cœur pour un des tableaux confectionnés par un maitre de l’art mais le prix et le transport de celui-ci nous dissuadera de l’acheter.
Nous continuons ensuite notre visite dans ce charmant village aux pieds des montagnes. Sur un étal de vieux objets sont disposés et une vieille montre Omega du XIXe siècle attire notre regard. La montre ne se remonte pas très bien mais l’heure tourne. La propriétaire en a deux autres identiques, une plus petite et une plus grosse, elle nous vend celle de taille moyenne à 300 yuans.
Slava semble sceptique et n’est pas sûr qu’elle soit authentique. En continuant notre chemin, nous nous rendons compte qu’il y a plein d’autres vendeurs « d’antiquités » et qu’ils ont tous les mêmes montres Omega. Cette fois c’est sûr, c’est forcément des copies.
C’est dommage car cela perd tout son sens mais apparemment les chinois ça ne les dérange pas.
En nous baladant, nous tombons sur la maison du très célèbre Dr Ho. C’est alors qu’un vieux bonhomme barbu, voyant nous approcher, nous appelle et nous disant : « Je suis le Dr Ho, c’est moi Dr Ho ». :) Il a l’air tellement content de nous voir ! Sa boutique est recouverte d’articles de journaux parlant de lui et de cartes de visite venant des quatre coins du monde. Il nous fait assoir sur des chaises et commence à nous parler de lui dans un anglais pas trop mauvais.
Dans les années 1970, il fut atteint d’une maladie grave. Les médecins ne lui laissaient plus longtemps à vivre. Afin d’essayer de se guérir, il partit dans les montagnes du Yunnan, à la recherche de différentes plantes et herbes utilisées dans la médecine chinoise. Après quinze années de recherches et de soins, il fut complètement guéri. Il décida alors d’ouvrir sa clinique pour aider et soigner les gens. Dernièrement, il a réussi à sauver la vie d’un jeune américain atteint d’une tumeur qui était venu le voir en désespoir de cause, juste avec des plantes et des herbes !
Aujourd’hui, le Dr Ho a entre 92 et 94 ans et il semble être en pleine forme. Il nous a d’ailleurs montré la peau de son bras qui ressemble à celle d’un jeune homme de 30 ans. Son secret : pas de tabac, pas d’alcool et beaucoup d’optimisme. :)
Nous sommes repartis vraiment honorés et émus d’avoir rencontré un tel personnage. C’est quelqu’un de touchant, inspirant et méritant. Sa joie et sa bonne humeur sont tellement communicatives qu’on en ressort gonflés à bloc. :)
Le voyage retour vers Lijiang se fait beaucoup plus facilement car cette fois nous connaissons la route. :) Pour diner, nous retournons au fameux « food court » qui nous avait fait tellement rêver et nous testons d’autres plats tout aussi bons.
Nous arpentons ensuite les rues de la vieille ville de nuit qui est tout aussi belle sous les lumières du soir. Nous découvrons d’autres ruelles encore inconnues et goûtons à ces petites boules vertes, blanches et mauves qui nous intriguent.
Pari gagné, c’est sucré et c’est vraiment délicieux. Elles sont fourrées à la cacahuète. Pour accompagner tout ça, nous prenons un petit verre de punch chaud sans alcool. Excellent !
C’est ainsi que nous finissons cette deuxième journée à Lijiang. Demain, nous avons décidé de partir randonner deux jours dans les gorges du saut du tigre avant de revenir sur Lijiang pour prendre notre train de nuit pour Kunming. Pour le moment la Chine ne nous offre que de belles surprises et ce n’est que du Bonheur. Nous espérons que cela va continuer ainsi. :)
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