A la rencontre des géants de la mer
Puerto Madryn, du 8 au 11 septembre
D’El Chalten nous prenons le bus retour pour El Calafate tôt le matin (pas d’autre trajet possible en cette saison) et arrivons à El Calafate vers 11h. Au terminal de bus, nous achetons un billet pour Rio Gallegos (158 pesos par personne), le bus part à 12h, ça nous laisse 1h pour faire quelques courses, déjeuner et récupérer mon podomètre que j’avais perdu dans le bus allant au Périto Moreno. :/
Arrivés vers 16h15 à Rio Gallegos, nous avons encore la possibilité d’aller vers Ushuaia, mais c’est loin, assez cher et la météo ne semble pas terrible. Du coup, nous préférons remonter sur la côte Est jusqu’à Puerto Madryn où Delphine et Vincent nous ont confirmé qu’on pouvait voir les baleines. :)
Etant tout près de la route principale, nous tentons le stop. Nous avons une heure pour attraper une voiture. Passé ce délai, nous loupons le bus économique. Il y a beaucoup de circulation, tellement qu’on a mal au bras à rester le pouce tendu… Personne ne veut nous prendre. Une voiture finit par s’arrêter mais juste pour nous conseiller d’aller un peu plus loin à la station-service suivante où à priori, il y a plus de camions et plus de chance de trouver quelqu’un. Sauf que la station-service est loin, donc si nous y allons, nous tirons un trait sur le bus économique. On hésite un peu mais finalement, on reste sur place, jusqu’au dernier moment.
Personne ne s’est arrêté. Il est donc temps d’aller réserver une place dans le prochain bus. Mais au lieu de payer le trajet jusqu’à Puerto Madryn, nous payons jusqu’à Comodoro Rivadavia (environ à mi-parcours). Ça nous permet d’avancer pendant la nuit et de retenter le stop le lendemain matin. Nous ne sommes pas pressés, ça ne nous dérange pas de prendre la journée pour avancer, surtout si c’est pour rencontrer des gens sympas.
Nous arrivons à Rivadavia à 6h du matin. Nous marchons jusqu’à la station essence la plus proche et tentons le stop. Il faut au moins qu’on sorte de la ville. Deux gars allant travailler dans une exploitation pétrolière, acceptent de nous déposer à une autre station-service où des camions passent la nuit. Ils sont tous en train de dormir. Nous attendons qu’ils se réveillent en regardant le lever du soleil.
Vers 7h du matin, nous commençons à entendre le bruit des moteurs. La moitié des camions vont dans le sud et l’autre moitié ne veut pas nous prendre. Ils n’ont pas le droit… Après 1h d’attente le bras tendu, on commence à désespérer. Finalement le stop en Patagonie, ce n’est pas si simple. Les camions ne s’arrêtent pas du tout.
Au bout de 2h, on se demande vraiment quoi faire. Slava essaye de négocier avec un camionneur qui n’a pas l’air emballé mais qui va réfléchir. Au final, il nous dira non, comme les autres. :(
Cela fait presque 2h30 que nous attendons. Quand soudain Daniel, notre sauveur arrive. Nous ferons le trajet avec lui jusqu’à la sortie de l’autoroute pour Puerto Madryn, soit 441 km. Daniel vient d’El Calafate et rentre sur Buenos Aires là où il vit. Cela fait plus de 2 800 km à parcourir ! Ca fait long tout seul… Son travail l’amène parfois à partir plusieurs jours, loin de chez lui. Il s’occupe d’installer des bureaux dans des banques. Sa fille aussi est une grande voyageuse baroudeuse. Apparemment, on lui rappelle sa fille et c’est un peu pour ça qu’il nous a pris en stop. :)
Nous passerons un super moment avec lui à parler de tout et de rien. Les routes sont désertes, il n’y a rien sur des centaines de kilomètres. C’est impressionnant ! Le même paysage défile sous nos yeux pendant des heures et des heures. Nous arriverons à l’entrée de Puerto Madryn vers 15h. C’est plein d’émotion et de gratitude que nous laissons Daniel repartir vers Buenos Aires. Deux jours plus tard, nous recevrons un message de sa part nous disant qu’il est bien arrivé chez lui. :)
Il reste quelques kilomètres à parcourir pour arriver au centre-ville. Nous tendons à nouveau le pouce. Nous n’attendrons pas longtemps pour qu’un couple d’argentin, Claudio et Anelia, s’arrête et accepte de nous prendre.
En arrivant, nous faisons le tour des hôtels. Nous avons du mal à trouver un bon matelas pour un prix raisonnable… Il nous faudra deux bonnes heures de recherche pour enfin trouver l’endroit parfait. Une chambre double avec un bon matelas, salle de bain commune et cuisine à disposition pour 180 pesos.
Nous commençons à nous renseigner sur les différentes possibilités pour aller voir les baleines. Il y a un endroit où l’on peut les voir depuis la plage (playa El Doradillo), ce n’est pas très loin mais suffisamment pour ne pas pouvoir y aller à pied. On peut éventuellement y aller en vélo (1h30 l’aller). Sinon, il y a aussi la possibilité d’aller les voir en mer sur un bateau. Pour ça, il faut aller sur la péninsule Valdès à Puerto Piramidès, impossible d’y aller en vélo mais il y a un bus qui s’y rend (40 pesos par personne l’aller simple). La dernière solution est de réserver un tour en agence qui vous emmène voir les baleines depuis la plage, faire la balade en bateau et même faire un petit tour de la péninsule où l’on peut voir des lions de mer et d’autres animaux. Le problème c’est qu’il faut vérifier la météo car le bateau ne sort pas s’il y a trop de vent et c’est malheureusement ce qui est annoncé pour les prochains jours…
Ces deux jours de voyage nous ayant un peu fatigués, nous préférons nous reposer (grasse matinée) et attendre le lendemain pour prendre une décision. Surtout que nous venons de nous rendre compte, en défaisant nos valises qu’on nous a volés nos deux paires de lunettes de soleil, un briquet et un couteau multifonctions qui étaient cachés dans mes sous-vêtements ! C’est forcément durant notre trajet en bus de nuit que cela a du se passer. C’est le seul moment où nous n’avions pas nos sacs sous les yeux. Il faut donc qu’on aille voir la police pour faire une déclaration de vol.
Le lendemain, nous allons nous promener en ville, le long de la mer. Il fait super beau.
Nous passerons ensuite le reste de la journée à nous renseigner sur la location de vélo (100 pesos pour la journée), les horaires et prix des bus pour aller sur la péninsule et enfin à porter plainte pour le vol que nous avons subi durant notre voyage en bus.
Nous déciderons finalement de ne pas faire le tour en agence qui coûte beaucoup trop cher et de nous débrouiller nous même pour aller sur la plage El Doradillo ainsi que sur la péninsule Valdès pour prendre le bateau.
Le lendemain, il y a effectivement beaucoup de vent. Nous ne pouvons pas prendre les vélos, cela serait beaucoup trop dangereux. Mais nous avons quand même envie d’aller voir les baleines depuis la plage. Ainsi, on ne perdrait pas trop de temps. On pourrait faire le tour en bateau le lendemain et partir le soir même en bus de nuit pour Bariloche. Nous tentons donc à nouveau notre chance en faisant du stop.
Une première voiture nous emmène quelques kilomètres plus loin à l’embranchement entre la route qui va vers la péninsule et la route allant à la plage. Un peu plus tard, une deuxième voiture nous emmènera jusqu’au point de vue d’où l’on peut voir les baleines.
Nous montons d’abord au mirador et là nous apercevons nos premières baleines. C’est incroyable ! Elles sautent et font des tours dans l’eau !
Nous descendrons ensuite sur la plage pour les voir de plus près. Il y en a plusieurs avec leurs petits. Elles semblent être tout près, tellement près qu’on se demande comment elles font pour ne pas s’échouer sur la plage …
Nous sommes comme des enfants ! Nous resterons là assis à les regarder pendant plus d’une heure.
Vidéo des baleines depuis la plage
Voyant les gens partir les uns après les autres, nous finissons par y aller car il faut encore trouver une voiture pour rentrer… Nous commençons à marcher le long de la route, quelques voitures passent sans s’arrêter, puis un 4x4 s’arrête. Un monsieur à moustache rentrant chez lui après sa journée de travaille accepte de nous prendre et nous dépose au centre-ville.
Avant de rentrer à l’hôtel, nous irons faire un tour au terminal de bus pour réserver les billets pour Bariloche notre prochaine destination. Ça parait compliqué… Il semblerait, qu’il n’y ait pas de bus qui partent le mercredi soir ! Finalement, il y en a un mais pas en classe en économique. Si on veut voyager en éco, il faut aller jusqu’à Esquel (à l’ouest de l’Argentine) et de là reprendre un autre bus ! De plus, la route entre Esquel et Bariloche (3 heures de route) est fermée pour cause d’effondrement de la chaussée ! Nous voilà donc coincés à Puerto Madryn… Il faut revenir le lendemain pour avoir une mise à jour des informations. Nous réservons cependant notre sortie bateau pour le lendemain à notre hôtel qui nous fait une petite réduction (440 pesos par personne au lieu des 490 de base).
Le jour suivant et sans savoir si nous pourrons partir le soir même, nous faisons nos sacs et libérons notre chambre. Nous passons ensuite au terminal de bus pour avoir des nouvelles. La route n’est toujours pas ouverte… Tant pis, nous réservons quand même un billet pour Esquel (340 pesos). Au pire, nous passerons un jour ou deux dans la région avant de remonter sur Bariloche. Il est presque 9h, nous devons nous diriger sur la route de la péninsule pour commencer le stop. Nous avons réservé le bateau à 14h, nous avons donc largement le temps de nous y rendre.
Nous nous remettons sur le bord de la route, au même endroit que la veille et tendons le pouce. Une première voiture nous emmènera au début de la péninsule. C’est ensuite Jorge et Estella qui nous prennent et nous emmènent jusqu’au bout. Grâce à eux, nous payerons l’entrée du parc au prix local (40 pesos par personne au lieu des 130) ! :) Etant à l’arrière dans la voiture, l’employée au guichet, n’a pas vu que nous étions des touristes. Merci Jorge et Estella. ;)
Ils nous déposent à Puerto Pyramidés et nous partons à la recherche de notre compagnie de bateau. Pour cela, nous longeons la plage car, c’est tout au bout. Nous essayons de voir s’il est possible de partir un peu plutôt mais apparemment non, tout est complet. Nous irons donc déjeuner au bord de la plage. Il fait froid et il y a quand même un peu de vent donc nous irons ensuite nous réchauffer en prenant un thé dans un restaurant.
Ca y est, il est 14h, à notre tour ! Nous nous équipons de gilet de sauvetage et montons dans le bateau. Nous avons de la chance car nous ne sommes pas très nombreux. On peut tous être sur un bord et on peut même passer d’un côté du bateau à l’autre sans se gêner.
Nos ne tardons pas à voir notre première baleine. Elle n’est pas toute seule, il y en a une autre juste à côté. :) En plus, elles passent tout près du bateau, c’est incroyable ! Je n’ai même pas besoin d’utiliser le zoom de l’appareil photo !
Vidéo des baleines depuis le bateau
Nous continuerons ensuite plus loin pour voir une autre baleine qui semble un peu joueuse. Elle montre sa queue et apparemment c’est bon signe ! Elle va peut-être sauter ! :D
Elle disparait sous l’eau, on ne la voit plus. Tout le monde la cherche des yeux, quand soudain au loin, on la voit surgir de l’eau, sauter et se retourner. C’est magnifique.
Elle revient ensuite nous voir et continue à jouer autour du bateau. Je crois qu’elle nous aime bien. ;)
Vidéo des baleines depuis le bateau (suite)
Après 1h30, nous rentrons sur Puerto Pyramidés. Nous ne pouvions pas espérer mieux comme spectacle. On se sent tout petit à côté d’autant plus que ce ne sont pas les plus grosses baleines… Celles que nous avons vues sont les baleines Franche Australe et ce sont les baleines bleues les plus grosses (c’est la baleine de Pinocchio :)).
Il est temps de repartir. Nous sommes encore sous le charme de cette balade lorsqu’un couple de médecins argentins qui étaient avec nous sur le bateau s’arrête spontanément et propose de nous ramener au centre de Puerto Madryn. Trop forts ces Argentins ! Adorables, nous discuterons avec eux de l’Argentine, de son système éducatif et du système de santé, qui sont tous les deux gratuits. Le problème est que beaucoup d’étrangers, notamment les boliviens, viennent en profiter. Ravis d’avoir eu une discussion aussi intéressante avec eux, nous échangeons nos coordonnées avant de se dire au revoir.
Il est 17h, notre bus est à 21h00. Nous allons acheter de quoi grignoter pour ce soir et repassons à l’hôtel chercher nos bagages. Voilà encore une belle étape qui se termine. Quel plaisir et quelle chance nous avons eu de partager quelques instants en compagnie de ces géants de la mer. Que dire du stop ? toujours et encore des gens passionnants et incroyables.
/image%2F0436804%2F201302%2Fob_6d1ba5_montagephotoaccueil-copy.jpg)
Commenter cet article